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Le Galo (ELG)
Ecrire le Gallo |
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Sa connaissance du gallo |
LL
: Comment avez-vous connu le gallo ? Par les livres ou par l'oreille ?
AJR : J'ai toujours su que le gallo existait. Chez nous
on savait ce qu'était le "Pays Gallo". Dans le français que mes parents me
parlaient dans la région parisienne, bien que tout à fait académique dans
sa grammaire, il y avait des expressions que l'on retrouve en gallo. Au pays,
à Groix, le parler "français" est fortement teinté de gallo, ce qui s'explique
parce qu'il existe à Groix un village, Kerrohet, qui n'était pas bretonnant,
mais gallo. Les enfants n'y savaient pas le breton, les garçons l'apprenaient
en mer, sur les bateaux, et les filles au catéchisme. C'est un vieux prêtre
de Kerrohet, l'abbé Gourrong, qui me l'a expliqué vers 1942. Dans sa jeunesse,
vers 1860, il ne savait pas le breton, mais le gallo.
LL : Quand avez-vous commencé à étudier le gallo ?
AJR : Dans les années 40, à partir du moment où j'ai
pu avoir le livre de Dottin sur le parler de Pléchâtel, ainsi que l' "Essai
sur le dialecte Gallo" de Jehan de la Grëye, pseudonyme de Joël de Villers.
Dès que je trouvais quelque chose sur le gallo, je le prenais. Dans les années
70, dans la revue de la fédération Kendalc'h, Breizh, j'ai rédigé une chronique
"Bretagne Romane" où le gallo avait sa place comme patrimoine breton.
LL : Quelle a été votre attitude vis à vis de l'association
"Les Amis du Parler Gallo" ?
AJR : Au départ les APG semblaient être attirés
par les Angevins ou les Manchots. Ils n'avaient pas tellement de réaction
bretonne, du moins l'équipe de Petiot. Ils s'intéressaient à leur petit truc
plaisant. C'étaient des souvenirs d'enfance, du passéisme humoristique. Ce
n'était pas le cas de Motrot, Magot et d'autres jeunes. Gilles Morin, qui
a pris le train en marche, a été plus activiste.
LL : Pourquoi appelez-vous le gallo "Britto-Roman" ?
AJR : Le gallo est une langue romane parlée en Bretagne,
par des Bretons, il a donc droit au nom de Britto-Roman de même que l'on appelle
rhéto-roman la langue romane parlée en Rhétie.
LL : Vous faites partie de l'association Maezoe, qu'est-ce
?
AJR : C'est une association axée sur la recherche :
Maezoe-Heviziken ("désormais" en gallo et en breton), Union Culturelle Britto-Romane.
L'objectif de l'association est l'étude et la promotion de la culture locale
et celtique de la Bretagne de langue romane et notamment la littérature d'expression
britto-romane.
LL : L'association Maezoe existe-t-elle encore ?
AJR : Oui. Pendant un certain temps nous rédigions une
Gimantaey, bulletin photocopié, pour envoyer aux adhérents des informations
sur l'avancement des travaux, surtout lexicographiques. C'est un cercle d'étude,
avec une dizaine de collaborateurs qui travaillent par contacts individuels.
Nous avons pu bénéficier de contributions considérables et nous avons encore
du pain sur la planche.